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Introduction Scènes & Variations

A table avec la Compagnie Volte Quarte

Rédigé par Chrystèle Spinosi

 

Réjouissances du Palais suspend la frénésie moderne qui conjugue speed dating, jingle music et fast food pour offrir une trêve musicale où la Grande Histoire jongle avec les anecdotes.

Plus qu’un concert, le spectacle raconte l’éclosion du végétal en France au 17ᵉ siècle, sous l’influence de Jean-Baptiste de La Quintinie, créateur du Potager du Roi. C’est le voyage du légume, du potager à l’assiette, voyage qui raconte l’histoire d’un monde, d’une société avec ses mœurs et ses ambiguïtés … et qui a vu naître ce qui deviendra plus tard “l’art de vivre à la française”.

Ventre affamé ...

Esprits épicuriens, ce programme est pour vous ! C’est à un chapelet de gourmandises en tout genre que vous convient les artistes : des douceurs pour les oreilles, des friandises pour la bouche, des gâteries pour les jambes, des sucreries pour le cœur … Nul besoin d’être connaisseur, il suffit d’être gourmet pour apprécier par le menu toutes les surprises que recèle ce spectacle. Chacune des pièces interprétées est prétexte à digression culinaire pour une tout autre lecture de l’Histoire française que celle à laquelle on est habitué. Quelques secrets sont révélés, d’autres affaires sont éclaircies … et qu’on se le dise : tout est vrai !! Aucun mensonge, aucune tromperie ni propos détourné. Il y a toujours les dubitatifs qui hésitent à croire en ces indiscrétions. Ils ont bien tort car la vérité sort de la bouche … des artistes !

Pensé comme un bouquet de saveurs, le spectacle mitonne l’exquis du chocolat, la naissance du champignon de Paris, la noblesse du chou, les histoires à l’eau de rose, la malfaisance d’une poire, l’exotisme des agrumes, la folie de la chantilly, le so british d’un poireau … pour finir avec en dessert une pièce montée d’un certain Boileau (Le Repas Ridicule) qui, par son rap bien enlevé, clôt le festin d’un brin d’irrévérence.

... n'a point d'oreille ?

Deux doigts de Lully, quelques grains de Charpentier, une once de Le Camus, une pinte de Cambert, trois grammes de Couperin … Comme autant d’arômes et d’épices, d’herbes fraîches ou fines, la musique assaisonne tout ce menu savamment concocté. Si la cuisine de l’époque aimait à sentir en bouche la saveur de toute chose, les œuvres choisies se goûtent exquisément et chaque bouchée raconte un Versailles à nul autre pareil.

Certaines représentations se terminent par une dégustation revisitée de la cuisine royale et c’est fort heureux, car Réjouissances du Palais vous met l’eau à la bouche. À déguster … sans modération !